Parasite – Sylvain Forge

Note : 4.5 sur 5.

Mots clés

Roman, suspense, romans policiers et polars, policiers, polars, thriller, thriller technologique, expérience, expérimental, intelligence artificielle, IA, littérature française, algorithmes, tests, cold-case, affaires non résolues, programme expérimental, criminalité, réalité virtuelle, police 2.0, attentat, suicide, légende urbaine, vaudou, disparitions, symboles, morts naturelles, accidents, Paris, France, informatique, sorcellerie, technologie,  haute technologie, rites, rites ancestraux, psychopathe, chien(s), archaïsme, ordinateur, botanique, massif central, Clermont-Ferrand, Afrique, toxoplasmose, DarkWeb , Darknet, occultisme, sciences occultes, Cannes-Ecluses, drone, scientifique, toxoplasme, innovation, cyber technologie, cybercriminalité.

Le pitch

La capitaine  Marie Lesaux, fraîchement débarquée au sein de la brigade de protection de la famille de Clermont-Ferrand, se voit confier, sous le sceau de la plus grande des confidentialités, l’étrange mission de tester les capacités de son nouveau coéquipier. Valmont, réputé infaillible et doté d’une puissance de travail sans égale, serait capable d’élucider des affaires non résolues, quelle que soit leur complexité.  De fait, Valmont n’est pas un policier comme les autres, mais bien une somme d’algorithmes, un formidable programme expérimental ultra secret à la puissance de calcul phénoménal mis en place par l’État français pour lutter contre toutes les formes de criminalité  : un savant mélange d’intelligence artificielle et de réalité virtuelle que Marie va devoir appréhender pour mieux comprendre le formidable champs des possibles permis par la police 2.0.  Assistée d’Ethan Milo qui a travaillé sur le projet et qui vit cloué dans un fauteuil des suites d’un attentat, mais en but à l’hostilité de certains de ses collègues, la jeune capitaine va mettre Valmont sur le cas du «  suicide  » d’une fillette d’origine africaine retrouvée au pied d’une tour. La gamine est-elle vraiment tombée toute seule ? Quel crédit accorder à cette rumeur insistante dans les quartiers, entre terreur et légende urbaine, indiquant qu’une «  hyène  »  vaudou, mi-homme, mi animal, tournerait dans les citées pour «  voler  » des jeunes filles ?

Le fait est que des disparitions ont bel et bien eut lieu et que la population se tait. Un symbole étrange, là où il n’y avait été question que de morts naturelles ou d’accidents, se trouve sur bien des scènes de ce qui va très vite devenir des crimes irrésolus.  Il se trame quelque chose dans l’illusoire banalité des jours…  Marie et Ethan Milo, aidés du programme Valmont, vont bientôt être confrontés à une épouvantable vérité venue du fond des âges.

Mon avis

Je découvre Sylvain FORGE, et pour une première approche, je dis « chapeau » ! Pourtant, rien de foudroyant dans la formulation du récit, une construction tout ce qu’il y a de plus « classique » mais efficace avec des héroïnes et héros plus qu’attachants, une histoire bien montée qui renvoie dos à dos l’humain et la connaissance du terrain versus la machine. La modernité de la technologie et les rites ancestraux des temps immémoriaux s’entrecroisent ; les croyances et la science se côtoient, se rencontrent mais ne se chevauchent pas.

Un « super programme » informatique, censé résoudre les cold-case les plus froids, voilà l’expérimentation à laquelle doivent se livrer Ethan Milo, ingénieur informatique rescapé d’un attentat qui le laisse sur le fil du rasoir avec paralysie à la clé si l’éclat reçu se déplace vers la colonne vertébrale, et Marie, policière de son état avec une solide expérience de l’espionnage comme bagage.

Tous ne voient pas cette cyber technologie d’un bon œil. Beaucoup de ses collègues voient dans cette expérience un prétexte à des suppressions de poste en masse. En gros, ils craignent que  l’ordinateur prenne leur place… Cette évolution les déstabilise et les inquiète. Nourrissons-nous secrètement des craintes face à la haute technologie qui prend une part de plus en plus prégnante dans notre société, dite, « moderne » ?

Alors dès que j’ai vu le nom de ce « super » ordinateur « Valmont » ça m’a fait immédiatement penser au Vicomte de Valmont des « Liaisons Dangereuses » de Choderlos de Laclos et même le marquis de Sade (allez savoir pourquoi ??) Y a-t-il un rapport induit ?? Quand on arrive à la fin, je trouve que, oui, on peut dire que ce n’est pas tout à fait innocent… Le côté « sulfureux » de l’affaire … Je n’explore pas plus cette « piste » pour ne pas en dévoiler trop.

Beaucoup de thèmes sont abordés, tous plus intéressants les uns que les autres. On navigue à travers un univers (ultra) connecté, la question de la tyrannie exercée sur des personnes fragilisées est évoquée aussi. On passe du Darknet à la botanique allègrement, en passant par la toxoplasmose, le Weru noir ou encore le vaudou. Tous nous donnent l’envie d’aller faire quelques recherches pour approfondir un peu nos connaissances. Quand un livre (fiction ou non) atteint ce but, en ce qui me concerne, c’est une réussite indéniable.

Quand il sera question du DarkWeb, j’ai même cru à un moment que le lecteur allait être renvoyé direct dans le monde de Patrick Sénécal dans « Hell.com », ou encore Thilliez et Minier, mais l’auteur n’y consacre finalement que quelques très courts chapitres même s’ils sont d’une importance capitale…

Après quelques investigations, j’ai trouvé que l’on doit le titre ce thriller technologique « Parasite » au « Toxoplasma Gondii » qui est bactérie intracellulaire qui se transmet assez facilement à l’homme. Rien que dans notre Europe de l’Ouest, 40 à 50% de la population serait infectée !! ça fait froid dans le dos ! Certes on n’en meurt pas, mais se savoir « accompagné » par cette « charmante » petite bête n’est pas des plus agréable ! D’autant qu’elle génère fatigue, fièvre, douleur musculaire, maux de tête, bref des symptômes similaires à ceux de la grippe…

Sur le fond, l’auteur évite savamment les clichés aussi bien pour l’histoire que pour les personnages. Ils sont crédibles et touchants. On s’y intéresse d’emblée et ils suscitent l’empathie.

La psychologie de chacun des acteurs de cette histoire n’est pourtant qu’effleurée et passe presque au second plan. La forme prend le pas sur le style à mon sens. Ça n’est heureusement pas rédhibitoire tant les sujets abordés sont denses et Il n’en reste pas moins un excellent thriller que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

On sent qu’au niveau nouvelle technologie, l’auteur, conseiller en cyber sécurité dans la « vraie » vie (en plus d’être écrivain), connait bien son affaire tant il se meut avec aisance dans cet univers.

J’ai beaucoup apprécié aussi, les notes en fin de livre avec des précisions sur tels ou tels des sujets abordés avec liens et sources utilisées : on constate que son thriller est très bien documenté et ses hypothèses correctement étayées.

Première découverte de l’auteur donc, mais surement pas la dernière. D’ailleurs j’ai déjà « tension extrême » [prix quai des orfèvres 2018] et le « Vallon des Forges » en réserve pour cette fin d’année ! Que du bonheur à venir donc !

Ah, oui, aussi : Une mention spéciale pour la couverture très esthétique qui contient à elle seule plus de mystère que la quatrième de couve !! et c’est peu dire !…

Un grand merci aux Éditions Fayard/Mazarine ainsi qu’à la plateforme NetGalley France pour la confiance qu’ils me témoignent et pour cette agréable lecture.

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